L’ère de la distraction

déconnexionNous vivons une époque curieuse. C’est ce qu’on appelle l’ère de l’information mais d’un autre côté on pourrait parler de l’ère de la distraction

Alors que l’humanité n’a jamais été libre de distraction, en partant de chasser les moucherons volant autour de la cheminée à la pile de courriers papiers à traiter jusqu’aux sonneries de nos téléphones. Les distractions n’ont jamais été aussi nombreuses, si écrasantes, si intenses, si persistantes qu’elles le sont aujourd’hui.

La sonnerie des téléphones c’est une chose mais les notifications de votre boîte mail, les messages de Twitter et de Facebook, les nombreuses fenêtres de navigateurs web ouvertes en sont une autre.

De plus en plus, nous sommes connectés, nous sommes jusqu’au cou dans le flux d’informations, nous sommes entre deux feux de la bataille pour attirer notre attention et nous sommes engagés dans un flou de harcèlements d’activités multitâches.

Lorsque nous travaillons, nous avons des distractions provenant de toutes les directions. En face de nous notre ordinateur, avec ses notifications par email et autres notifications de toutes sortes.

Ensuite, il y a l’attrait addictif du navigateur web, qui contient non seulement une quantité infinie de lectures qui peuvent être un trou noir duquel nous ne pouvons jamais nous échapper, des possibilités illimitées pour le shopping, pour les dialogues avec d’autres personnes, des cancans et des nouvelles et des photos en tous genres et beaucoup plus encore. Pendant tout ce temps, plusieurs nouveaux messages sont arrivés, en attente d’une réponse rapide. Plusieurs programmes sont ouverts à la fois, chacun d’eux avec des tâches à terminer. Plusieurs personnes souhaitent discuter, divisant encore plus notre attention.

Et c’est juste en face de nous. Sur les côtés vient sonner un téléphone de bureau, la sonnerie et le vibreur de notre mobile, la musique de plusieurs collègues de travail, un collègue vient à notre bureau pour nous poser une question, des documents nécessitant une attention particulière et autres papiers dispersés à travers nos bureaux, quelqu’un qui nous convie à une réunion, un autre qui nous apporte un délicieux cake à goûter.

Avec tant de choses à se disputer notre attention et si peu de temps pour se concentrer sur le vrai travail, c’est un miracle que nous réussissions à faire quelque chose.

Et puis nous quittons le travail mais l’attaque de notre attention ne se termine pas. Nous avons toujours notre téléphone mobile, avec ses SMS et autres courriers électroniques, tous nous demandant une réponse, les appels qui ne peuvent pas être ignorés. Nous avons un volume de lecture important, soit sous forme papier ou sous forme électronique, pour garder notre attention occupée.

Nous sommes bombardés de toutes parts par la publicité, en demandant non seulement notre attention mais titillant aussi nos désirs. A la maison, il y a la télévision constamment allumée, avec 500 chaînes demandant toutes d’accorder une attention encore plus forte, avec 500.000 publicités titillant encore plus notre désir.

Notre ordinateur à la maison nous demande de réaliser encore plus de travail, nous envoyant encore d’autres messages, plus de distractions, via les réseaux sociaux et l’attirance pour encore plus de shopping et encore et encore de la lecture.

Il y a les enfants ou les conjoints, les colocataires ou les amis.

Ceci est sans précédent et c’est alarmant

multitâcheNous sommes arrivés dans cette ère sans avoir conscience de ce qu’il s’y passait, sans en réaliser les conséquences. Bien sûr, nous savions qu’Internet aiderait cette prolifération et nous étions même très excités à ce sujet. Nous savions que les appareils mobiles sont de plus en de plus en plus omniprésents et peut-être que certaines personnes ont critiqué cela mais d’autres se sont félicités de rester connectés.

Mais tandis que les possibilités offertes par ce nouveau monde sont une bonne chose, les distractions constantes, l’urgence omniprésente, le stress du multitâche à un rythme de plus en plus élevé, l’érosion de notre temps libre et notre capacité à vivre avec un minimum de paix … peut-être ne savions nous pas combien cela allait changer notre vie.

Peut-être que certains l’ont déjà réalisé. Peut-être encore que beaucoup ne se rendent ne compte de rien.

Avec tant de choses réclamant notre attention, il est temps de porter une attention particulière à ce problème.

La distraction est une toxicomanie

Il y a un effet positif instantané à de telles activités comme les e-mails, surfer sur le Web, consulter les blogs, les forums, Twitter et Facebook. C’est pourquoi il est si facile de devenir accro et rester en permanence connecté et toujours distrait.

D’autres activités de dépendance, comme la drogue ou la malbouffe, ont le même genre d’effet positif instantané. Vous les ingérer et tout de suite, vous êtes récompensé par une sensation agréable, mais on ne se rend compte des conséquences négatives que beaucoup plus tard.

La vérification des emails ou tout autre activité similaire en ligne a cette qualité d’addiction à la réaction positive immédiate sans se rende compte de l’effet négatif qui vient plus tard.

Vous vérifiez votre email et hey ! Un nouvel e-mail d’un ami ! Vous obtenez un sentiment positif, peut-être même l’augmentation de l’estime de soi. On se sent bien d’avoir reçu un message d’une personne.

Et c’est ainsi que la récompense de cet effet positif vous pousse à vérifier les emails, de plus en plus fréquemment, jusqu’à ce que la toxicomanie soit solidement enracinée.

Maintenant, vous pourriez, plus tard, être fatigués de répondre à tous vos e-mails, parce que c’est écrasant et difficile à suivre. Mais le plus souvent, vous êtes dépendants et vous ne pouvez pas arrêter de vérifier les nouveaux messages. Et généralement, le contrôle de l’e-mail a une récompense positive (un bon sentiment) mais l’activité de répondre à tous les e-mails n’est pas aussi amusante.

Nous allons explorer comment nous pouvons mettre fin à cette dépendance plus tard, dans un autre article consacré à la beauté de la déconnexion.

C’est un nouveau style de vie

Etre connecté, obtenir de l’information tout le temps, avec des distractions omniprésentes… tout ca est devenu une partie de nos vies.

Les ordinateurs, à un moment donné, ont été une petite partie de notre vie, peut-être en utilisiez-vous un au travail mais dans la voiture et le train et le plus souvent à la maison et en dehors nous étions déconnectés. Même au travail, nos ordinateurs avaient des capacités limitées, nous ne pouvions faire que certaines choses comme le traitement de texte et quelques rares applications et notre seule dépendance résidaient dans le « solitaire ». Mais cette dépendance n’occupait pas toute notre vie.

Les ordinateurs prennent de plus en plus nos vies. On peut rester un pro-technologie mais je pense aussi que nous avons besoin d’examiner les conséquences de ce nouveau mode de vie. Parce que nous avons créé un nouveau style de vie très rapidement et je ne suis pas sûr nous soyons prêts pour cela. Nous n’avons pas de nouvelles stratégies pour faire face au fait d’être connecté la plupart du temps, nous n’avons pas de nouvelles normes culturelles, nous n’avons pas vraiment étudié si c’était la meilleure façon de vivre nos vies. Nous avons été plongés là dedans, avant d’avoir pu développer un système pour le traiter.

C’est une attente

enchainéDisons que vous vous êtes réveillés un jour et que vous ayez décidé de ne plus participer à l’ère de la distraction d’une certaine façon … pourriez-vous abandonner ? Eh bien, vous pouvez, mais vous seriez contre toute une culture qui attend de vous d’y participer.

L’ampleur de ces attentes dépend de votre travail, de qui vous êtes, d’où vous travaillez et les normes qui ont évolué dans le groupe avec qui vous travaillez.

Certaines personnes devraient être disponible tout le temps, portant un smartphone ou un autre dispositif avec eux et doivent pouvoir répondre presque immédiatement ou alors ils sont en dehors du jeu et pas de bons hommes d’affaires. D’autres devraient être disponibles par messagerie instantanée, joignable sur Skype, être sur les forums sociaux ou les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. D’autres ont besoin de suivre de près les nouvelles de leur secteur d’activité en consultant les sites d’actualités en permanence.

Etre connecté tout le temps, faire partie de ce flux constant de distraction, c’est ce qu’attend la société de nous. Et aller à l’encontre de cette attente est extrêmement difficile pour beaucoup de gens. Il faut du courage ou la volonté d’être une prima donna arrogante.

Comment est-ce arrivé ? Quand avons-nous accepté de faire partie de ceci ? Il n’a pas eu un moment où nous avons accepté cet état de fait mais tout a évolué si rapidement au cours des dix dernières années et maintenant il est difficile d’en sortir.

Je ne dis pas que nous devrions en sortir. Je dis que nous devons repenser les choses et modifier les attentes de sorte que le système s’adapte nous et non l’inverse.

Une simple question

Voici un petit exercice qui pourrait s’avérer utile : lorsque vous avez lu cet article, combien de fois avez-vous été distrait ou avez-vous tenté de passer à une autre tâche ? Combien de fois avez-vous pensé à quelque chose que vous vouliez faire ou consulté votre e-mail ou d’autres de vos distractions préférées ? Combien de fois avez-vous été tenté de faire autre chose mais avez résisté ? Combien de bruits ou de distraction visuelles pendant que vous lisiez ? Combien de personnes ont tenté d’obtenir votre attention ?

Dans un monde idéal, les réponses à toutes ces questions seraient «zéro». Vous seriez en mesure de lire sans distraction et de rester concentrer entièrement sur votre tâche.

La plupart d’entre nous, cependant, ont des distractions venant de tous côtés et les réponses à ce petit exercice s’avéreront, sans doute, instructives.

Librement traduit et adapté du livre Focus de Léo Babauta.
Lisez le chapitre suivant : L’importance de trouver la concentration.

crédit photos  : photosteve101 ryantron ryantron

(Visited 105 times, 1 visits today)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *